En remontant de Puerto Montt, je suis brièvement passée par Santiago, et je suis retournée à la Bibliothèque. Il y avait une super jolie expo photo, mais surtout cette odeur si particulière des
vieux bouquins, du vieux papier et du bois ciré. Exactement la même odeur que chez mes grands parents. Et le parquet fait le même bruit, aussi... le parquet anti-sorties-nocturnes-ni-vu-ni-connu.
L'escalier ne craquait pas, étrangement. Une fois qu'on avait atteint l'escalier, on était à l'abri du bruit.
Je m'en vais donc le coeur léger à Valparaiso. Il y a des bus toutes les vingt minutes, donc pour une fois j'ai plein de place pour moi. Valparaiso... Ca fait rêver, non, c'est pas un nom
extraordinaire? La première fois que j'ai lu ce nom, sur du papier, j'ai eu envie d'y aller. Je me souviens très bien. C'était en 1999. Je ne savais pas encore ce qui se cachait derrière les
inrocks (j'avais 14 ans, je vous demande pardon), et je m'étais dit, tiens, il y a donc d'autres journeaux que Rock'n'Folk qui traitent du rock. Et j'avais acheté le numéro en question. A la
rubrique livre, on faisait l'éloge dithyrambique d'un écrivain, Don Delillo, dont je n'avais abslument jamais entendu parler, et que l'on classait, si je me souviens bien, parmi les meilleurs
écrivains du vingtième siècle (qui est, je vous rappelle, le siècle de James Joyce et d'Albert Camus, entre tant d'autres). Pour la petite histoire, je n'ai plus jamais acheté les Inrocks depuis.
Bref. Le bouquin de Delillo qui venait de sortir s'intitulait "Valparaiso". J'ai découvert en lisant l'article que c'était le nom d'une charmante ville au Chili. J'ai cru un instant que c'était
le nom d'une danse, pour être honnête... une mixture entre la valse, le paso doble et le flamenco, sans doute. Oui, un genre de valse plus dynamique et plus sensuelle. J'avais déjà vaguement
parlé de cette attirance que j'avais pour les noms des lieux avant les lieux eux-mêmes dans mon texte sur Auckland. J'avais fait mention de Samarkand. Pour la petite histoire, je ne suis jamais
allée à Samarkand, mais j'ai lu le livre, alors que je suis allée à Valparaiso, et que finalement, vexée que l'on ait rangé parmi "les meilleurs écrivains du vingtième siècle" quelqu'un que je ne
connaissais pas (j'avais quatorze ans, je vous rappelle), et qui n'était même pas Français (je plaisante... à force vous allez vraiment croire que je suis la dernière des chauvines), je n'ai
pas lu le bouquin éponyme. Ceci dit, pour la petite histoire, j'ai quand même lu du Don Delillo à l'occasion, et c'est pas mal, finalement, mais pas de quoi en déféquer une pendule, et pas de
comparaison à faire avec les monstres sacrés du vingtième siècle (la blague!). Don Delillo a sans doute plein d'histoires à raconter, mais il n'a pas d'histoire à écrire. Je me comprends. Et puis
vraiment, titrer un livre "Valparaiso", c'est trop facile.
Valparaiso, donc. Je jubile d'avance, pendant l'heure et demie de trajet. J'ai comme une boule au ventre - la peur de vivre la même déception qu'à Auckland. J'ai appris, au cours de mon voyage, à
ne pas trop me fier aux avis extérieurs. Ou plutôt à m'en méfier. On m'a dit du bien de Valparaiso, à droite à gauche. J'aime mieux ne pas trop y penser. Pour la petite histoire, on m'a dit à peu
près autant de bien de Viña Del Mar, et Viña Del Mar, c'est sans intérêt... la plage, éventuellement, si toutefois on considère que la plage a un quelconque intérêt (ouuuh
l'hypocrite!).
A ce stade du texte, où j'ai parlé de tout sauf de Valparaiso, et c'est pas faute de l'avoir nommée (oui, Valparaiso est une fille, avec des couleurs et des formes), je me demande ce qu'il faut
que je fasse, et ce en toute sincérité. Je m'explique: Valparaiso, je n'ai jamais rien vu de tel. Jamais vu une ville avec autant de personnalité, et c'est pas loin d'être l'endroit que j'ai
préféré de mon voyage. Je brûle d'envie de vous la raconter, donc. Mais ma raison secoue sous mon nez deux objections qui me semblent pertinentes. D'une part, même en m'appliquant autant que
possible et en passant le nuit sur ce texte, mes mots seraient bien trop creux pour décrire Valparaiso; même si la description que j'en fais est belle, elle sera pâlotte et de toute façon loin,
loin de la réalité. D'autre part, j'aurais détesté qu'on me raconte Valparaiso avant que je ne la découvre... vous n'auriez pas aimé savoir la fin de Citizen Kane avant de voir le film, n'est-ce
pas? Bien. Rosebud.
Alors, qu'est-ce que je fais, moi?
Bon. J'ai réfléchi cinq minutes, tant pis pour vous, je vous dirai tout. Quand le bus s'est rapproché de Valparaiso et que je la voyais au loin, mon coeur s'est mis à battre. Quand il est entré
dans la ville, je me suis collé le nez à la vitre, comme un enfant, et j'avais hâte qu'il me dépose enfin. Je récupère mon sac en cinq cinq, j'évite les vendeurs de glace et les gens qui
proposent des auberges de jeunesse (je sais déjà où je veux aller, et pour la petite histoire, je m'en mordrai les doigts), et je sors du terminal de bus. Un jeune clodo me dit bonjour,
tranquille, je réponds bonjour, et là dessus trois chauffeurs de taxi me sautent dessus. J'ai bien regardé la carte, Valparaiso, c'est pas très grand, je marcherai. Je leur dis non non merci, je
vais marcher. Eh ben faut savoir que les taxis, ça leur plait pas du tout du tout, qu'on leur dise qu'on préfère marcher! ils sont à deux doigts de m'insulter. C'est dommage, je comptais
justement leur demander mon chemin. Alors je me rabats sur le clodo: "comment on va au cerro conception?" Il me répond que le mieux (je suis un chouilla chargée), c'est de prendre un bus sur
l'avenue Pedro Montt (juste là, à cinq mètres, 250 pesos), et puis l'Ascenseur Conception. Aude, cinq ans, jubile à l'idée d'avoir à prendre l'ascenseur en ville. Je demande au chauffeur de me
prévenir quand on arrive au fameux ascenseur, pas de problème. Mais avec la foule, je me retrouve tout au fond du bus. J'ai mes deux sacs sur le dos, je suis debout et trop grande pour le bus
donc courbée en deux, ça bringueballe de partout, mais je m'en tape: je regarde par la fenêtre et un sourire con reste figé sur ma tronche béate. Tout me semble beau, nouveau, indescriptible. Des
couleurs, du mouvement, des sourires, du bonheur. Quand ma boussole interne me dit qu'on approche sans doute du fameux ascenseur, je m'arrange pour voir le conducteur dans le rétroviseur. Bien
joué: à un moment donné il me regarde et articule "la-pro-xi-ma". Je fais OUI OUI de la tête pour qu'il voie bien que j'ai compris. Et je descends donc au prochain arrêt. Le chauffeur ne démarre
pas tout de suite, il me fait signe de traverser devant le bus, de traverser l'autre rue aussi et que l'ascenseur sera de l'autre côté. Je suis ses conseils, paye 250 pesos à la dame, et me voilà
dans l'ascenseur, qui grimpe une colline très raide que je suis drôlement contente de ne pas avoir eu à monter à pieds. Je trouve tout de suite l'auberge que je cherchais, ils ont de la place,
parfait. Je réserve trois nuits direct, pose mon bardas et descends faire un tour.
En haut de la colline, comme en haut de toutes les autres collines de Valparaiso, il fait calme comme à la campagne. Et l'on n'entend même pas au loin les bruits du centre ville. Le décalage
entre les ambiances, à si courte distance, semble magique. Mais à ce stade, il me faut expliquer un peu la géographie de la ville. Valparaiso, c'est sept collines très abruptes, en arc de
cercle sur le Pacifique. Autant vous dire qu'avec autant de relief, les rues serpentent dans tous les sens. Il faut un sens de l'orientation en trois dimensions, pour s'y retrouver. Mais le
dédale est plein de charme: des tonnes de petites maisons aux architectures variées, et des couleurs, des couleurs, des couleurs. C'est très exactement un joli bordel. Et les ascenseurs pour les
feignants comme moi, non seulement c'est atypique et charmant, mais du point de vue de mes cinq ans d'âge mental, donc, c'est extrêmement ludique. Le soir, je me retrouve à discuter avec Anouk,
une voyageuse du Québec, Mauricio, un peintre discret et gentil (chose inattendue, non?), et Patricio, le patron de l'auberge, un vrai gros con. Mais le vrai gros con a le mérite de répondre à ma
question: comment se fait-il que les Chiliens soient un tout petit peu moins casse couille avec les filles que les Argentins? Passée la fierté nationale que l'on illustrerait en France par
un splendide cocorico (les Chiliens sont très respectueux des femmes, c'est notre éducation, notre président est une femme...), il m'explique qu'en Argentine, il y a une moyenne de sept hommes
pour une femme, tandis qu'au Chili, il y a cinq femmes pour trois hommes... Autant dire que les Argentins sont vachement plus en chien que les Chiliens. Ce que j'aime bien avec les Québécois,
c'est en règle générale ils sont complètement en paix avec le Docteur Freud. Je ne sais pas d'où ça leur vient, mais ils n'hésitent pas à trouver dans l'agressivité de quelqu'un (en l'occurrence
le patron de l'auberge) une raison inconsciente qu'ils expliquent par un étrange comportement constaté quelques minutes auparavant (ici: le patron avait été très insistant sur le fait qu'il
était marié et heureux, et vraiment, vraiment heureux. Heureux hein, j'insiste. Jamais je tromperai ma femme. Jamais. Jamais jamais jamais. Jamais. Et d'ailleurs je l'ai jamais trompée, pas vrai
Mauricio?!). J'ai donc malgré tout passé une bonne fin de soirée à écouter Anouk faire l'analyse du patron de l'auberge qui m'était tombé dessus à bras raccourcis quand j'avais dit que le
tourisme sexuel était de l'esclavagisme... lui il disait que la prostitution c'était très bien, c'était l'histoire de l'humanité. Il n'a pas du tout apprécié quand je lui ai demandé s'il
considérait donc qu'il y avait des putes parmi ses ancêtres. Bref. Ma mission, Jim, si je l'accepte désormais, c'est d'éviter autant que possible de croiser le patron de l'auberge (qui m'avait
demandé de payer d'avance, le malin!). Manque de bol, deux italiens alcooliques font leur apparition dans l'auberge, extrêmement cons et évidemment, comme à peu près tous les mecs dont on
repousse les avances, rapidement agressifs eux aussi. Remarque c'est très bien cette ambiance de merde dans l'auberge: je passe le plus clair de mon temps à me balader dans Valparaiso, et
j'essaye tous les ascenseurs, et je fais quelques jolies photos. En même temps ce n'est pas très compliqué: tout est déjà prêt à être photographié, et j'ai beau temps en plus. Sur tous les murs
il y a des tags. Mais des jolis tags, vraiment. Ça change de l'arrivée en gare Saint Lazare, j'vou'l'dis, moué!
Je passe aussi pas mal de temps dans un café relativement calme à écrire ma troisième nouvelle. Je me dis que si un jour j'ai de l'agent, j'achèterai une maison à Valparaiso. C'est déjà plein de
Français paraît-il, mais je m'en tape. Et puis ça prouve qu'il y a tout de même des Français qui ont du goût.
Je me baladais du côté de la gare quand je tombe sur un petit monsieur qui me dit bonjour. Il balayait le pas de sa porte. Il s'appelle Humberto, a quatre-vingt dix ans, et un alzeihmer qui
commence à prendre de la place. Il décide que j'ai besoin de sa compagnie parce que sinon, je risque de me perdre. En gros, je passe la fin de l'après midi à répondre cinquante fois aux mêmes
questions, en faisant à chaque fois comme si c'était la première fois qu'il me les posait, et à marcher à deux à l'heure à côté de lui. A chaque fois qu'il y avait une marche il me disait de
faire bien attention et me prenait par le bras pour ne pas que je tombe, et donc je l'empêchais de tomber. A la fin, il a vraiment fallu que je trouve une excuse bidon pour le raccompagner chez
lui... j'ai prétexté une grosse fatigue et une envie de rentrer en bus pour ne pas qu'il me raccompagne jusqu'à ma porte. Ça m'aurait pris environ deux heures au lieu de vingt minutes (sans
exagérer). Mais j'ai passé un bon moment. On a bu du jus de chilimoya. J'ai trouvé ça dégueu, mais Humberto avait l'air tellement fier de son fruit Chilien que j'ai dit "hum... c'est bon!" et je
riais intérieurement, et je demandais de l'eau "parce que c'est quand même très sucré" (pour passer le gout). Et puis bon il était gentil, il a voulu prendre une photo de moi, et comme il a la
tremblotte j'ai un peu la gueule coupée en deux, mais c'est une photo sympa... Il m'a donné sa carte pour que j'écrive dessus le nom du fruit, et "la date, la date, et le nom du café, pour te
souvenir!" J'ai trouvé ça un tout petit peu triste, cette urgence qu'il a ressentie à voir ce moment résumé sur un bout de papier - qui sera très bientôt perdu de toute façon - par quelques
chiffres et quelques mots, pour que je me souvienne. Lui, avec sa maladie, lira ces chiffres et ces mots et imaginera comme dans un film sa journée avec une Française, parce qu'il ne peut plus se
souvenir.
Je rentre à l'auberge contente tout de même, et je tombe sur une néerlandaise. Elle a l'air plutôt sympa, on décide d'aller manger un truc ensemble. C'est la dernière fois que je vais bouffer
avec quelqu'un que je connais pas. Elle parle un anglais plutôt correct, mais comme beaucoup de gens elle est persuadée qu'il faut hurler pour avoir l'air de le parler couramment. Moi qui étais
relativement incognito et discrète jusqu'alors je me retrouve avec cette espèce de broyeuse d'espace qu me pète les tympans. Et si encore il n'y avait que la forme... le fond est pire! Pendant le
repas, elle n'a pas arrêté de se plaindre que ni les Chiliens ni les Argentins ne la comprennent quand elle leur parle le portugais brésilien. "C'est normal, non, c'est pas leur langue" "Oui mais
c'est très proche, s'ils faisaient un effort"... Et si tu faisais un effort pour parler LEUR langue, connasse? Elle voyage depuis six mois en Amerique latine, dont cinq mois au Brésil, et encore
une fois le phénomène d'Halong se produit: l'endroit qu'elle a préféré, et de loin, c'est Mendoza! Pouah! Ville de merde! Bref. A la fin du repas, je lui signale que je n'ai plus de monnaie pour
le pourboire, et elle répond, comme si de rien n'était: "c'est pas grave, t'as qu'à pas en laisser". Bien. Je réponds que pour avoir fait ce métier-là, je "tip" systématiquement (à moins bien sûr
que le service soit pourrave), d'autant plus dans un pays comme le Chili oû les serveuses gagnent en gros sept fois moins que ce que moi je gagnais à Paris. Elle répond "Ben oui, mais si t'as
plus de monnaie..." Bien. D'accord. Pas grave. La serveuse me fait un grand sourire quand on s'en va, apparemment elle a entendu la conversation, et ça a l'air de la faire rire plus qu'autre
chose. Une fois dans la rue, on remonte à pince jusqu'en haut de la colline (erf... erf...) parce que l'ascenseur est fermé. On croise, evidemment, comme partout sur ce continent (du moins de ce
que j'en ai vu), des chiens errants. Elle dit que ça la dégoûte, que pas plus tard que ce midi elle a vu un mec donner du pain à un chien errant et que c'est débile: il va forcément revenir
quémander, du coup, le clebs. Alors je demande en quoi ça la gêne. Elle répond la même chose (le chien va revenir quémander). Je réponds oui, et donc? Tu préfèrerais qu'on les laisse crever? Elle
ne répond pas "non", elle répond juste en riant "en fait je crois que j'aime pas les chiens errants". Je réponds que j'aime bien les chiens errants, qu'ils ne me dérangent pas, que j'aime bien
ceux qui leurs donnent un peu à bouffer de temps en temps, et qu'en revanche, ceux qui me dérangent, ce sont les gens qui abandonnent les chiens et les gens qui se plaignent des chiens
errants pour des raisons obscures et douteuses. Nous avons donc cessé toute communication à partir de ce moment. Quel soulagement!
C'était mon dernier soir à Valparaiso... Une réussite, ma foi! Le lendemain matin je me tâte, je pense à rester une nuit de plus éventuellement. Comme il fait froid dans la salle du petit déj, je
sors boire mon thé au soleil. Une bande de jeunes cons passe à côté de moi et l'un d'eux ose dire "Hou... Sexy Girl". Je réponds en Français "fils de pute". Ça m'énerve qu'on s'adresse à moi en
anglais, mais alors d'une force! Et en plus, si c'est pour jouer au crétin macho, merci bien. Ma décision est prise, je me casse, et j'accélère le rythme: pressée de me casser de ce continent de
merde - ce sont très précisément les mots que j'ai à l'esprit ce matin-là. Maintenant je sais que le continent n'y est pour rien. Le continent est plutôt extrêmement beau d'ailleurs. C'est juste
les gens (les mecs!!!) qui sont des cons. Des vrais gros cons. Élevés dans la supériorité de l'homme sur la femme avec des contradictions que repèrerait n'importe qui... tu réagirais
comment, petit merdeux fini au pipi par ton connard de père, si on disait à ta soeur, un matin dans la rue "houu, sexy girl"? Voilà.
Je m'en vais de Valparaiso un peu triste, et en fait finalement j'achèterai pas une baraque là bas. Il est hors de question que mes nièces aillent passer des vacances dans ces contrées de petits
machos de merde. Et mes neveux non plus, ça pourrait être contagieux. À l'heure où j'écris ces lignes, je suis en Bolivie. Ce matin j'ai voulu aller retirer du cash à la banque, le guichetier m'a
sifflée quand je suis rentrée. Alors j'ai changé de banque. Alors je suis dans un état à peu près identique. Plus le temps passe, plus j'ai envie de foutre des beignes. Foutre des beignes bien
plus que de me casser, juste pour les éduquer. Mais je peux pas et ça me ronge. Alors je me dépêche. Par moments j'arrive à faire abstraction. A être loin comme ça, vous devez vous dire que je
fais ma chochotte à me plaindre pour des sifflets. Les plus cons d'entre vous diront que je devrais être flattée... Au quotidien, ça se transforme en: je m'habille le pire possible, je m'attache
les cheveux très serrés, je regarde par terre, quand je vois un groupe de mecs, je fais un détour pour les éviter. Ça fait bientôt neuf mois que je voyage et il n'y a vraiment qu'en Allemagne et
en Nouvelle Zélande qu'on m'a foutu la paix (trente-cinq jours). Alors si ça choque vos oreilles politiquement correctes que je dise que c'est un continent de merde, je vous le dis comme je le
pense: allez vous faire foutre.
Arrivée à San Pedro de Atacama, j'ai réservé en ligne mon billet de retour, pour la petite histoire.