L'espece de vanette russe cahotte sur les pistes. Habituellement les pistes sont des routes pas encore goudronnees, non? La, la piste, c'est nous qui la creons, libre au goudron de nous suivre.
Nous arrivons dans la premiere yourte. Le bonjour traditionnel, on tend les deux bras et on attend de voir ce qui se passe, en general tout va bien on t'attrappe les bras et on te dit
"sembeno!", aka bonjour. Il faut tourner uniquement dans le sens des aiguilles d'une montre, et interdiction de passer entre les deux poteaux du milieu de la yourte. Et surtout, surtout... Il
faut manger tout ce qu'on t'offre. C'est impoli d'en laisser. C'est la que les ennuis commencent.
Les petits raviolis fourres au mouton, j'en raffole! Les Mongols appellent ca les bouzes, et je me plais a dire a tout bout de champ que j'adooooore manger des bouzes! J'apprends meme a
le dire en mongol: bi booz torte. Au depart j'avais meme prevu d'ecrire un texte uniquement consacre a la bouze, et truffe de jeux de mots plus fins les uns que les autres, mais je
manque de temps. A part ca, on mange du mouton. Au centre de chaque yourte, il y a un dos de mouton entier. Ils en coupent des tonnes et nous il faut qu'on mange, vous comprenez on est les
invites. Quoi? Tu ne manges pas le gras? Mais c'est le meilleur le gras! Allez hop! Du gras! Miam! Au depart j'en raffole, et je me dis que vraimebnt la cuisine lyonnaise c'est de la cuisine de
tantouze! Ca durera trois jours et demi environ. Apres plus de 72h de mangeage de gras non stop, mon corps a juste fait nan, la c'est plus possible. C'est meme pas que j'aime plus ca, c'est juste
que quelque chose m'empeche d'en manger. Je passe pour un cuistre, mais pas trop le choix. Je tourne ca facon humour. L'humour pipi caca marche du feu de dieu dans tous les pays que j'ai visite
jusqu'ici. Ca tombe bien, c'est un domaine ou je masterise! Non et puis le probleme c'est qu'on ne faisait que ca, manger... Mais a priori c'est normal, pour Tsakan Saar.
Tsakan Saar, la fete de la lune blanche. J'ai lu sur le web, avant de venir, les betises que racontent les agences de voyages, a savoir que c'etait le nouvel an mongol... Alors bille en tete je
commence a donner dans le happy new year des que quelqu'un parle anglais. Je comprends rapidements (regards consternes, l'air de dire on n'est pas des chinois) que je fais fausse route. On
m7explique enfin. Tsakan veut dire blanc, et saar, c'est la lune. C'est le moment de l'annee ou la lune est toute blanche dans le ciel bleu, toute la journee. Et pour feter ca ils boivent et ils
bouffent. Tout le temps. Gras. La boisson basique, c'est du the au lait sale. J'aime pas ca, evidemment, mais je m'y fais par politesse. Mais le lait de jument, j'ai beau me forcer c'est pas
possible. Ca n'as pas le gout de lait du tout! Et c'est acide, d'une acidite sale, comme un vieux fromage industriel. Sinon, heureusement, les shots de vodka vont bon train. Et puis bien entendu,
comme ils voient que tu as une bonne decente, ils te sortent l'alcool local, un truc ultra violent avec des especes de morceaux qui apprennent la brasse dedans, et fait a partir de (je vous le
donne dans le mille) lait de jument. Ca a juste exactement le meme gout, la violence de l'alcool en plus. Berk. Berk. Pouah.
Mais grosse recompense, le cadeau de depart. Dans ma culture, quand on est invite quelque part, il est d'usage d'offrir un petit cadeau a ses hotes. Ici, c'est l'inverse: avant que tu ne partes,
tes hotes t'offrent un petit truc, de la carte postale au porte cles genghis kha, en passant par... la thune! Un petit billet de 50 tugrik en cadeau, ca m'est arrive une fois. Et pourtant c'est
sans doute le cadeau le moins cher que j'ai recu. Le plus cher, c'etait chez lepion deMongolie de lutte, c'etait du lait de toilette et du toblerone, petite pensee pour Grand-Pere.
La suite, la suite...
