Samedi 6 septembre 2008 6 06 /09 /Sep /2008 14:44
Le 20 juillet (oui je sais je suis en retard), j'atteris donc a Santiago. J'ai repere une auberge de jeunesse dans mon guide, me voila donc a reclamer au taxi qu'il m'emmene rue du general Joffre, a l'eco hostel. Des gens bien sympa ma foi. On passe des heures dans la petite cour avec un Nac Mac Feegle a refaire le monde. Je reste cinq jours a Santiago, et a mon grand etonnement les garçons ne sont pas trop casse couilles avec moi. Je m'attendais a pire! Le musee d'Art Precolombien n'est pas trop grand pour une fois et bien foutu. J'aime bien la bibliotheque qui sent le parquet cire et les vieux bouquins. Un jardin japonais laisse a l'abandon, un jardin japonais qui n'a plus de japonais que le nom, un musee des beaux arts qui se fourvoie dans l'art contemporain japonais (que je meprise au plus haut point pardonnez-moi, un jour j'expliquerai pourquoi), les Andes a l'Est, visibles du centre-ville, et les gens plutot patients avec mon castillan d'ignarde. Mais ce qui me frappe le plus, c'est que Santiago c'est plein d'amoureux qui se becottent sur les bancs publiques, dans les jardins publiques, sur les trottoirs, au milieu de la rue, au milieu des regards, au beau milieu du jour. Et ils se tiennent par la main. Ils n'en ont rien a foutre du qu'en dira-t-on, ils crient leur amour au monde entier, meme si rien n'est certain, meme si dans trois jours on constatera une erreur.  Sous leurs airs de ne pas vouloir faire souffrir qui que ce soit en cas d'echec, et sous pretexte de pudeur, les Français ne veulent pas "s'afficher", ne veulent pas tenir madame, meme si elle n'est madame que pour une semaine, par la main, ne veulent pas embrasser madame en public. Les bancs de Paris qui sont si charmants et qui ont fait rever tant de cineastes et tant de poetes ont laisse la place aux vieilles qui nourrissent les pigeons, ou alors sont vides. Vous, les petits merdeux de Français, qui n'assumez pas ni votre attirance, ni votre attachement a une jeune fille, je vous le crie haut et fort: vous avez des petites bites. Petites, petites, petites. Et un esprit en proportion: etroit. Vous n'avez pas evolue d'un pouce depuis la primaire ou etre amoureux etait une tare, une faiblesse, et vous ne voulez surtout pas faire montre de la moindre faiblesse (du moindre sentiment, bande de cretins) aupres de vos petits copains tout aussi cretins. Vous vous pensez viriles alors que vous n'etes qu'une petite bande de tarlouzes sans le moindre debut de personnalite ou de libre arbitre.

Qu'est-ce que je disais moi deja? Ah oui, Santiago. Parfois, je traverse la riviere et je vais me perdre dans le quartier Bellavista, le quartier boheme. Mais ici, point de meches de cheveux brunes sur le cote avec kefier autour du cou accessoirise d'une sacoche en vieux cuir... Des tags, des couleurs, des rues dans tous les sens et des gens normaux. Ouais, des couleurs, des maisons de toutes les couleurs aux architectures bizarres! Je n'irais pas jusqu'a dire que je me sens en parfaite securite a Santiago, mais visiblement, d'apres ce que j'entends, je suis passee au travers des menus larcins quotidiens. Et j'evitais de sortir mon appareil photo a tout bout de champ, ce qui fait qu'au final je n'ai pas des masses de photos de Santiago, mais il vaut mieux ça, non?

J'ai pris un bus pour Mendoza et j'ai regarde par la fenetre. J'ai vu des cactus et il m'a semble que je n'en avais jamais vu avant, des cactus en liberte. Et puis j'ai vu la neige des Andes, le bus a serpente dans les montagnes pendant plusieurs heures, et j'ai pense a Mermoz, un tout petit peu, et puis je me suis endormie, parce qu'il faisait bien chaud dans le bus et que l'idee du froid dehors m'a engourdie toute entiere. Au reveil, Mendoza, ses marchands de glace, ses magasins et les petasses qui vont avec, son architecture barbante, son pinard ultra fort (rha haha - rire gras) qui fait la fierte de toute l'Argentine (quelle tristesse!) et qui donne envie aux backpackers de "visiter Mendoza", ses putes pas cheres, toute la journee, sur la rue San Luis, je passe la nuit a gerber et la nuit d'apres je saute dans un bus pour Buenos Aires. Mais il srait cruel de reduire Mendoza a ça. J'ai eu un bon moment la-bas. Un clown, sur la grand place (les grandes places s'appellent invariablement place des armes ou place de l'independance, dans toutes les villes du contient, enfin on dirait) faisait rire les enfants. Une petite brune jolie comme un coeur, trois ans probqablement mais toute petite petite, qui s'appelle Azul, est piochée au hasard dans la foule des gamins pour faire l'assistante du clown. Le clown a pioché le bon numéro. Je garde un souvenir ému de l'épisode du monocycle. Azul est à la gauche du clown, face au public. Le clown regarde droit devant, et commande à Azul d'en faire autant. Puis il dit, péremptoire et raide comme un piquet: "Azul, donne-moi la main!" et il lève la main très haut. Azul se retourne un instant, puis se remet face au public, et lève la main aussi haut qu'elle peut, c'est-à-dire pas haut du tout, et reste comme ça dix bonnes secondes à attendre, puis se tourne face au clown, les deux petits poings sur les hanches, l'air de dire "mais qu'est-ce que tu fabriques?", et là le clown commence à tourner sur sa droite, et tend la main à Azul en criant, comme s'il allait tomber à chaque seconde, "Azuuul! Donne-moi la main Azul", et la petite fille de courir derrière sa main gauche les deux bras tendus en avant, les deux nattes lui battant les épaules, pleine de bonne volonté... Voilà pour Mendoza. Alors je suis peut-être passée à côté de quelque chose... Plus tard, je constaterai la même chose que pour la baie d'Halong, phénomène que nous nommerons d'ailleurs dorénavant le phénomène d'Halong. Je vous rappelle brièvement ce qui s'est passé: je me suis plutôt bien entendue avec les voyageurs qui n'ont pas aimé (pour des raisons déjà exposées précédemment) la Baie d'Halong, et j'ai trouvé plutôt cons ceux qui ont a-do-ré (les même qui font les "indispensables" du Lonely Planet) - d'ailleurs, enfin, la question du Machu Pichu se pose. Bref. Pareil pour Mendoza. En règle générale, j'aurais pu parier assez rapidement qui a aimé ou n'a pas aimé Mendoza. Vous en en tendrez parler d'ailleurs dans un prochain texte sur Valparaiso.

Que de digressions, ma foi. Enfin je préfère vous annoncer dès maintenant la couleur de mes premiers textes sur ce continent... Ce sera pas joli à voir, malheureusement. Pour être honnête, le comportement des mecs envers moi (pas la jolie nana, hein, juste la grande blonde qui n'a pas l'air d'ici) a sérieusement gâché la plupart de mes étapes sud américaines, jusqu'ici. Je vais essayer de vous ennuyer avec ça le moins possible, bien sûr, mais je vous promets que c'est pas gagné. Ne serait-ce parce que ce phénomène s'est trouvé à l'origine de bon nombre de décisions que j'ai prises lors de mon parcours de ce côté du globe. Enfin... Rendez-vous au prochain texte pour ma longue pause buenozairite. A tout bientôt.
Par Aude
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Commentaires

Achète-toi une perruque brune et une grosse moustache!!!!
Commentaire n°1 posté par Marthe le 26/09/2008 à 18h41
Ouais, et pas besoin d'une bonne paire de couilles étant donné qu'ils n'en ont pas!
Réponse de Asherette le 28/09/2008 à 18h22

Please vote everyday!

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